Shakewell édition 2017

Le festival a rassemblé 120 artistes pendant 3 jours

Un lieu mythique...

J'ai trouvé surprenant de ne pas trouver plus d'infos que ça à propos du Shakewell 2017 en faisant quelques recherches sur le web. J'ai donc décidé de prendre la casquette d'apprenti journaliste photographe afin de partager cet évènement haut en couleurs (flashys bien souvent) d'autant plus que la qualité du festival était indiscutablement au top. Il faut dire d'emblée que l'endroit est mythique, la caserne Niel est en effet la place emblématique du graff bordelais depuis de nombreuses années déjà. Un lieu où bat la pulsation des arts de rue.

...mais menacé

Caserne Niel et la fresque monumentale de Skaner
Caserne Niel et la fresque de Scaner

Le contraste entre l'austérité des hangars désaffectés et des peintures est saisissant et renvoie le spectateur à l'immensité du lieu et à une poésie urbaine palpable au détour de chaque mur. Un mot enfin pour dire que, malheureusement, cet espace est menacé par un projet immobilier énorme : le ZAC Bastide-Niel qui risque de sonner le glas à ce vivier artistique, au profit de bobos qui achèteront leur appart à 4000 balles le m² et qui s'ennuieront, puisqu'il n'y aura plus rien. Si vous êtes contre, n'hésitez pas à passer par là et à signer la pétition.

Un festival au top

Pour commencer, la palette d'artistes graffeurs était de haute volée bien entendu, mais je veux également parler de l'organisation, de l'équipe de bénévoles, de l'ambiance quoi ! Une mention spéciale pour les activités satellites, l'atelier d'initiation au graff, le village artisanal avec MK Création et ses bijoux en chambre à air recyclée et aussi la compagnie Chistera-Théâtre avec laquelle j'ai participé à plusieurs sets d'impro.

Jeunes buvant de la bière
Jeunes buvant de la bière
Dirtyknees et leurs grosses vibes Dub !
Dirtyknees et leurs grosses vibes Dub !

Enfin ça serait injuste de ne pas parler de la scène musicale et des DJ set où les musiciens ont fourni une excellente matière sonore qui répondait fidèlement à l'esprit du festival avec des sons de tous horizons . (Programmation du son ici chez Carpe Diem). Je pense au crew "Dirty Knees Selecta" qui n'a eu de cesse que de balancer de grosses vibes dub bien lourdes, si bien que je bougeais la tête malgré moi tout en prenant les photos. Bref, que du positif dans une ambiance cool et décontracte avec un bémol, en cause la météo orageuse qui a amené le staff à annuler les concerts du samedi soir par précaution...

Une scène nationale et internationale

ONOFF collectif de graffeurs parisiens
Grosses typos et composition léchée sont au rendez-vous avec ONOFF

Venant de l'illustration, du graphisme et aussi de l'architecture, On/Off le célèbre crew parisien s'est invité dans une composition très fluide à travers une palette douce et sophistiquée. Une fresque monumentale (15*20 m !) pleine de sens avec le berlinois HRVB qui a de quoi susciter nos interrogations lorsque l'on devine les titres du journal que lit cette gigantestque créature cubiste tout en souriant... Etaient également présents Tretze, Eklor (Hollande), Grisone (Colombie) et j'en oublie…

HRVB artiste graffeur berlinois
Tom HRVB, du lourd made in Berlin !

il était délicat d'aller à la rencontre de chacun des graffeurs/euses avec une telle concentration d'oeuvres (120 graffeurs parlant des langues différentes en 48 h !) à moins de se lancer dans un speed dating international effréné... Je suis parti à la rencontre d'artistes bordelais dont je connaissais déjà un peu la peinture, afin d'en apprendre un peu plus sur leur parcours et le sens de leur démarche artistique ; j'ai continué de déambuler entre les murs de la caserne en me laissant guider par mon ressenti. Ca été l'occasion de découvrir de très bons crews comme le 313 de Toulouse avec Snake et Soone (cf galerie).

Shakewell en quelques chiffres

Parce que les beaux évènements demandent beaucoup d'énergie(s), de travail et de volontés, le Shakewell ça a été 4500 m² de graffs réalisés par 120 artistes régionaux, nationaux et internationaux, 8000 litres de peinture, beaucoup de travail de la part des 60 bénévoles qui ont préparé le terrain pendant plus d'un mois avant l'ouverture du festival (élagage, désherbage, nettoyage...), 22 stands de "street market" alternatifs, 25 DJ sets, et enfin 5 000 visiteurs !

Quelques rencontres

Pour conclure, j'ai crée ici une galerie non exhaustive dédiée à tous les contributeurs du Shakewell 2017 qui ont laché les bombes sur la caserne Niel. J'ai essayé de centrer les artistes qui m'ont le plus marqué, il s'agit donc forcement d'un choix purement subjectif. On se dit à 2018, d'ici là, peace, unity and graffiti !