Balades urbaines

C'est la zone, la friche urbaine, celle que l'on voit rapidement, à travers la vitre sale d'un train corail, comme lorsque l'on part voir sa mémé dans le Jurançon au mois de juillet. Inévitablement ce regard bref sur la cité déchue, enveloppe notre vision d'une mélancolie douce et fugitive, et ne peut que projeter un sentiment d'échec et d'abandon.

Elle se campe dans ses couleurs sales et délavées intemporelles, dans une lumière de cloaque, broyée par ses architectures maudites et grotesques, dispersant ça et là les lambeaux d'une poésie oubliée et abandonnée dans les jachères de quelques hypothétiques projets immobiliers futurs.

Oui, l'ami, ici tu l'auras compris, le pas se fait prudent et oreille tendue, bienvenue à toi dans une errance sans but, où à ton tour, tu deviens rôdeur et suspect aux regards furtifs !